L’HERITIERE EN NOIR 1

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L'HERITIERE EN NOIR 1 dans découverte enfance1

Eleonora un si beau prénom pour une enfant si belle.

Lorsqu’elle était venue au monde, elle possédait déjà cette chevelure noire, de grands yeux profonds où l’on pouvait se perdre si l’on n’y prenait garde. Son arrivée en ce bas monde ? Un don du ciel.

Elle devenait la descendante de cette famille qui la chérissait tant. Ses grands-parents lui avaient inculqué des valeurs sûres et un savoir datant de tant de générations.

Elle se souvenait de longues promenades avec sa mamie à la recherche de plantes sauvages pour confectionner décoctions, pommades et autres tisanes. Un savoir irremplaçable aucune trace écrite rien seulement de femme à femme. Elle était intriguée par tous ces secrets surtout que l’on  lui répétait sans cesse de ne jamais rien révéler. Elle se contentait d’hocher la tête perplexe mais restait muette.

Son grand-père faute de petit-fils lui avait enseigné les rudiments des métiers du bois surtout la fabrication des barriques. Elle avait assisté à la réalisation de barques destinées à la pêche. Il s’en suivait un rituel immuable, le baptême par le prêtre. Jamais aucune embarcation n’avait quitté le jardin sans les saints sacrements.

Auprès d’eux, elle avait découvert le contact fusionnel avec la nature. La relation profonde entre la terre nourricière et l’âme. Rien n’était ce qu’il semblait être, il fallait toujours voir derrière le voile de l’apparence.

Son éducation religieuse se forgea au milieu de sanctuaires. D’abord la joie du voyage puis la découverte. Dans ses yeux ébènes, on pouvait lire la douleur de la maladie, celles des autres.

Si au début, elle s’impatientait. Au fil des années, un insondable désir de communion l’avait envahi. Mais il restait en elle un malaise qu’elle ne pouvait décrire, comme si on la tirait en arrière pour l’extirper du lieu saint.

Les mois, les années forgèrent une adolescente humaine et consciente de la valeur de chaque être vivant, végétal ou animal. Mais il y eut ce jour, ce jour-là.

Sa grand-mère l’emmena rendre visite à une parente, une cousine inconnue, Mimi. Elle ne saura jamais son vrai nom et ne le demandera pas. Une petite femme sèche se tenait devant elle, les cheveux noirs corbeaux malgré son grand âge. Un visage basané émacié, une voix aussi coupante qu’un couteau. Mais d’une générosité que jamais elle n’oublierait. Mimi vivait dans une petite maison comme au siècle passé sans superflu, il régnait une odeur que l’on ne pouvait définir, on aurait dit une ancienne eau de toilette passée.

Elle ne rencontra Mimi que deux ou trois fois. Chacune des visites laissait une empreinte profonde, une sensation qu’elle ne pouvait chasser. Les yeux perçants de sa cousine semblaient la pénétrer jusqu’au profond de son être. Pourtant elle se sentait si proche de cette inconnue.

Bien plus tard, elle réaliserait qu’elle avait le même regard que sa parente.

Devant son attitude songeuse, sa mamie dut enfin expliquer quel était le lien de parenté mais curieusement elle ne retint pas grand chose. L’essentiel était ailleurs. Jusqu’au moment, la révélation : Mimi était une médium !!!

Elle décèdera sans jamais l’avoir revue.

Mais comme une révélation ne reste bien jamais longtemps solitaire, la suivante Eleonora la reçut en pleine figure comme un coup de poing. Un après-midi, elle se reposait dans la chambre fraîche dans son lit en fer forgé, les volets mi-clos. Sur le banc dehors les amies de sa grand-mère cancanaient, certains allaient se retrouver avec une garde-robe pour toute l’année. Sa mamie avait disparu au fond du jardin. Elle ne saurait dire qui lança la phrase dévastatrice : « Tu crois que cette pauvre petite sait que sa grand-mère est une sorcière ? » Silence lourd.

Etendue, elle ne bougeait plus, paralysée. La douleur lui vrillait les tempes. Elle suffoquait. Sa mamie, sa chère mamie. Qui avait parlé, pourquoi une langue fourchue à ce point ? Mais elle  resta immobile, sa grand-mère revenait. Elle ne révéla jamais ce qu’elle avait entendu.

Eleonora continua comme si de rien n’était mais une foule de questions sans réponse se bousculait. Rien ne lui semblait anormal, elle vivait simplement comme toute enfant de son âge. Normal mais qu’est-ce qui l’est ou pas ? Et pour qui ? Très entourée, elle baignait dans l’amour d’une famille unie.

Vint le grand jour, préparé depuis plusieurs années, sa communion. Ses grands-parents lui offrirent une aube digne d’une princesse. Ce moment tant attendu lui semblait être la finalité d’un apprentissage spirituel.

L’église embaumait les lys blancs. Elle fixait l’autel avec son cierge à la main profondément recueillie. Sans savoir pourquoi, elle sentit un vertige la saisir, elle perdait pied. Elle avait l’impression de se dédoubler, un fourmillement l’engourdit progressivement.

Elle s’écroula ………. inconsciente.

blog32 découverte dans ésotérisme

4 Réponses à “L’HERITIERE EN NOIR 1”

  1. pattycollet61 dit :

    bonsoir ma belle
    bin dis donc t’es trop douée pour l’écriture… CONTINUE !!!
    bonne nuit
    bisouxxx baveuxxxx

    Dernière publication sur spécial papatte : tout doux

  2. Le Marginal Magnifique dit :

    Très bien écrit, tu es douée, j’aime particulièrement le début et tu sais ménager le suspense à la fin ;-) .

    Il y a une petite coquille il me semble, vers la fin, ici : « Etendue, elle ne bougeait plus, paralysait ».

    Bonne journée.

  3. Moun dit :

    Une Bernadette Soubirous en devenir ? J’avoue avoir hâte de lire la suite :) De jolies descriptions de lieu, de nature

    Bravo
    Bisous

  4. binicaise dit :

    J’attends la suite reprends vite ton écriture quand tout va mal elle nous sort de nos pensées négatives.
    Bonne journée bisous Jacqueline

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

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